vendredi 20 avril 2018

Billet spécial Musique du "Mois belge d'Anne et Mina" - Pierre Rapsat


Billet musique - Le Mois belge d'Anne et Mina 

Pierre Rapsat
 


Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui, un billet un peu spécial, car, dans le cadre du "Mois belge", nous pouvons écrire également des billets concernant la musique belge.

M'est alors venue l'envie de parler d'un chanteur belge, malheureusement décédé il y a 16 ans, jour pour jour, mais dont l'œuvre musicale reste dans le cœur de tous les Belges...et malheureusement, dirais-je, uniquement dans le cœur des Belges, car il aurait mérité d'être connu ailleurs, notamment en France.

Disons pour nos amis français, que chez nous, cet artiste a une popularité égale à celle d'un Salvatore Adamo ou d'une Annie Cordy

Cet artiste exceptionnel s'appelait donc Pierre Rapsat.

A. Comment ai-je eu connaissance des chansons de Pierre Rapsat ?

La réponse est toute simple : il y a environ 6-7 ans, un matin, à 5 heures du matin, alors que je devais partir pour la Normandie, j'écoutais Classic 21, une radio belge à tendance pop-rock et là, j'entends une chanson que je ne connaissais pas et qui m'a littéralement foudroyé : j'ai adoré tout de suite.

La chanson s'intitulait Ensemble et c'était un de ses derniers succès, que je propose d'écouter :

https://www.youtube.com/watch?v=Qui0olG2kF0
 
B. Quelques succès de Pierre Rapsat
Toutes les chansons de Pierre Rapsat sont des chefs-d'œuvre, mais comme il me faut faire une sélection, je vous fais part de quelques-uns de mes coups de cœur. Pour les autres chansons, à vous de regarder sur Youtube et de vous faire votre propre opinion.


a. Aurore - 1992

Une chanson dédiée à sa grand-mère, espagnole, qui a fui le régime franquiste. Un bijou d'émotion.

https://www.youtube.com/watch?v=fr0Y29BR0lY
 
b. Un dimanche en automne - 1996

Une chanson qui semble évoquer l'union des belges lors de grands drames, malgré les dissensions communautaires (déjà à l'époque).

https://www.youtube.com/watch?v=bIWmO6A77XQ


c. Les Rêves sont en nous - 2001

Une chanson extrêmement poétique.

https://www.youtube.com/watch?v=66n4DGY-gqo


d. Passager de la nuit - 1996

Une chanson plus pop que les précédentes pour vous présenter toutes les facettes de ce grand artiste.

https://www.youtube.com/watch?v=kPFb6qEQ1xk

e. Comme un brasero - 1992

Une chanson qui, à mon sens, est une déclaration d'amour à son public.

https://www.youtube.com/watch?v=gcUEMt1qLYI

f. Je suis moi - 1977

Une chanson aux accents rock qui me plaît beaucoup aussi.

https://www.youtube.com/watch?v=NAOno3l2I-g

g. Judy et Cie - 1976

Et la dernière que j'aime moins que les autres que j'ai pu vous présenter, je l'avoue, mais qui a eu le mérite de représenter notre beau pays à l'Eurovision en 1976, et qui est arrivée à la 8ème place sur 18 pays.

https://www.youtube.com/watch?v=8aouXDMGC6U


Et parmi toutes les autres grandes chansons, je peux encore citer :

* Adeu
* Où es-tu Julian ?
* Gémeaux
* Pile ou face
* C'est toujours un mystère
* Les saisons
* Comment cesse-t-on d'aimer ?
* J'attends le soleil
* Nos esprits se mélangent
....


J'espère que ce petit tour d'horizon du répertoire de ce grand artiste belge trop tôt disparu vous aura plu et que j'aurais, a minima, contribué à faire connaître ce grand artiste au-delà des frontières du Plat Pays.

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jeudi 19 avril 2018

Eviter les péages - Jérôme Colin


Eviter les péages

Jérôme Colin
 


Bonjour à toutes et à tous,
 
En ce 18 avril, je vous présente le premier roman de l'auteur dont je vous ai présenté le chef-d'œuvre il y a quelques semaines, M. Jérôme Colin. Ce roman intitulé Eviter les péages raconte l'odyssée d'un chauffeur de taxi à travers Bruxelles, met en scène ses clients, entre l'alcoolique et la mère désabusée...et bien d'autres.


A. Caractéristiques du livre


Titre =  Eviter les péages
Auteur = Jérôme Colin
Edition - Collection = Allary Editions
Date de première parution =  2015
 
Note pour le livre = 14 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur la quatrième de couverture
À partir de quarante ans, la vie est toute tracée. C'est ce qu'il pensait avant de rencontrer Marie un après-midi dans un bar.
Il est chauffeur de taxi, père de trois enfants, marié depuis quinze ans, propriétaire d'une maison avec jardin en périphérie de Bruxelles et sa belle petite vie roulait tranquillement. Jusqu'à ce que Marie lui sourit et lui offre la possibilité d'un nouveau départ.
Ce n'est pas une décision qu'un homme prend facilement. Alors il continue de rouler au son de Bashung, Jeff Buckley et des confidences de ses clients.
Quitter sa femme pour une autre qu'il connaît à peine : il y songe. Rester avec une femme qu'il n'est plus sûr d'aimer : il y songe aussi. En attendant, il s'accroche à son volant et monte le son, espérant trouver dans les paroles de ses chansons préférées la bonne façon d'aimer.

C. Mon avis sur le livre
Comme vous le savez, j'ai trouvé le second roman de Jérôme Colin absolument excellent et ai eu tout de suite très envie de me plonger dans ce premier roman.

Le style de ce premier roman est tout aussi excellent, rempli d'ironie et de phrases bien senties. Malheureusement, au niveau du fond, même si la majeure partie des éléments sont intéressants, je ne peux m'empêcher de penser, à certains moments, que le premier et le second roman sont le même roman écrit de manière différente, et avec une focalisation différente. J'ai l'impression que les deux romans racontent la vie d'un homme de quarante ans un peu paumé, qui ne sait pas quoi faire pour avancer dans la vie (dans le premier à cause de son travail, dans le second à cause de son ado), avec son lot de drames et de petits bonheurs, ainsi que ses interrogations sur la vie.

Toutefois, au-delà de cette ressemblance, il ne faut pas oublier que le roman est très bien écrit et très agréable à suivre, jusqu'au dénouement un peu inattendu.

D. Quelques bons passages du livre

Pourquoi engager la conversation avec un inconnu dont ne croisera jamais la route ?  (p. 11)

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Comme tous les ados, j'ai rêvé à un destin extraordinaire. Et comme tous les adultes en grandissant, j'ai juste fait ce que la vie attendait de moi : aller tout droit, sans éviter les péages. Je voulais passer au rouge, travers la ligne continue, désobéir, exister. Mais en réalité, j'étais devenu un homme prudent. J'avais beau rêver, j'avais eu en échange une belle petite vie. Une très belle petite vie.  (p. 17)
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Qu'ont-ils bien pu traverser, ces gens qui ne mentent plus ?  (p. 18)

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Taximan, ce n'était pas une vocation. Aucun gamin ne rêve de passer sa vie dans les embouteillages. À quinze à l'heure. De trimballer pendant quarante ans une bande de gros cons qui pour la plupart, râlent parce qu'il pleut ou qu'il fait trop chaud, parce qu'il y a trop de trafic ou parce que la course est plus chère qu'ils ne l'avaient imaginé. (p. 25)
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Des chansons qui ne passent presque plus à la radio. C'est fini. Les instituts de sondages ont mis les artistes hors d'état de nuire, leur préférant un petit groupe d'interprètes pour qui ne rien dire semble l'objectif principal.  (p. 40)

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Le problème avec la réalité, c'est qu'elle ne s'arrête jamais. La routine ne fait pas de trêve.  (p. 64)
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Moi, le bordel ne m'atteint pas. Au contraire, il me rassure. Le désordre a quelque chose de cohérent avec ce qui se passe en permanence au dernier étage de mon corps.  (p. 76)
 
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Que c'est bon d'avoir mal quand le bourreau est une chanson douce.  (p. 79)
 
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Phrase d'Hippolyte Taine : On s'étudie trois semaines, on s'aime trois mois, on se dispute trois ans, on se tolère trente ans, et les enfants recommencent.   (p. 83)
 
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Il faudra qu'un jour, je me décide à choisir le mot de la langue française que j'exècre le plus : jamais ou toujours ? Jusqu'ici, impossible de les départager. Tant leur côté définitif me donne la nausée.  (p. 90)
 
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L'homme n'est jamais aussi con que lorsqu'il est coincé dans les embouteillages.  (p. 108)

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Ce matin-là, Dieu soit béni, je me réveillai une nouvelle fois en bandant. Fallait-il donc que ma femme soit loin de moi pour que ça revienne ?  (p. 125)
 
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Autrement dit, c'était une façon non seulement plaisante mais peu coûteuse d'allonger son espérance de vie. Un peu comme la salle de gym, la natation ou la zumba, sauf qu'avec la masturbation, pas besoin de prendre sa voiture et de passer dix minutes à chercher une place.  (p. 127)
 
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Morale de cette histoire : si tu veux être heureux, ne fais jamais d'enfants. Et ne tombe jamais amoureux. Sois un connard qui ne s'attache pas. Franchement, j'aurais voulu être un connard. Mais je n'y suis pas parvenu.  (p. 139)

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S'il vous plaît, montrez à vos enfants que les couples, c'est laborieux, pénible, douloureux. Ne vous aimez pas trop fort devant eux. Sinon, ils ne s'en sortiront pas avec l'amour...   (p. 142)
 

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Les mots sont inutiles face au mystère des retrouvailles.   (p. 146)



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D'habitude, les nostalgiques m'agacent. Mais l'élégance avec laquelle elle refusait d'appartenir à aujourd'hui me toucha.  (p. 152)
 
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L'école devrait être un grand buffet où chacun pourrait se servir comme il l'entend. Parce qu'à part lire, écrire et compter, on devrait ensuite avoir le droit de choisir ce qu'on veut. Mais au lieu du buffet, on nous propose un menu mesquin où rien que le nom des plats est déjà sans saveur. C'est assez ridicule, ce système.  (p. 153)
 
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Existe-t-il une pilule pour chasser les idées à la con ?  (p. 159)

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Rêver de petites choses insignifiantes loin de la masse étouffante de ce monde de merde.  (p. 178)
 

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À ma commune, une dame s'occupa de moi très gentiment. Une place venait de se libérer pour le lendemain au nouveau crématorium de Bruxelles. Mais comme pouvait-on annuler un tel rendez-vous ? Quelqu'un avait déjà pris son ticket et avait décidé de vivre quelques jours de plus ? Une résurrection ? Une famille trouvant les lieux peu à son goût avait décidé d'aller voir ailleurs ? Toujours est-il qu'une place s'était libérée. Et que je pouvais enterrer Henry le lendemain à 17 heures.  (p. 185)
 
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Le crématorium est le carrousel de la misère. Le temple de la tristesse érigée en industrie.  (p. 188)

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mercredi 11 avril 2018

Billet spécial BD du "Mois belge d'Anne et Mina" - Le Chat de Philippe Geluck


Billet spécial "Mois belge d'Anne et Mina" - Spéciale BD

Le Chat

Philippe Geluck
 


Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui est une journée relativement spéciale, car, pour le "Mois belge d'Anne et Mina", nous avons possibilité de parler d'une BD belge. J'avais déjà, l'an dernier ou il y a deux ans, parlé de L'élève Ducobu. Aujourd'hui, je parlerai d'une autre série de BD belge que j'adore : celle du Chat de Philippe Geluck. 


A. Caractéristiques de la série de BDs


Titre =  Le Chat
Auteur = Philippe Geluck

Nombre de tomes = 21 + 5 hors-séries + 5 albums best-of
Edition - Collection = Editions Casterman
Date de première parution =  1986
 


B. Description de l'œuvre
Le principe de cette bande-dessinée est très simple : une espèce de gros chat gris nous fait part de ses jeux de mots et de ses mots d'esprit (ou plus précisément de ceux de son auteur), tantôt extrêmement drôles, tantôt grivois, tantôt philosophiques, jouant très souvent sur la sémantique de la langue française, mais toujours empreints de beaucoup d'esprit.

N.B : Evidemment, un papier de blog ne suffira jamais pour recenser toutes les superbes formules de Philippe Geluck, que ce soit dans ses BDs ou sur certains produits dérivés, comme un calendrier intitulé "Le Chat en 365 jours". Le mieux pour déguster (sans modération) ce chef-d'oeuvre de la bande dessinée, c'est encore d'acheter les albums et de les lire !


C. Quelques citations exquises

Il est possible de boire un café dans un café, il est envisageable de boire de l'eau dans l'eau, il est souvent trop tard pour boire une bière dans une bière.  (extrait de Le Chat a encore frappé)

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Si ma femme ouvrait un bistrot, elle me verrait plus souvent.  (Extrait de Ma langue au chat)
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Si les lentilles vous font péter, portez des lunettes !  (Extrait de Le Chat 1999, 9999)

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Je n'aime pas la lettre N parce qu'on la prononce Haine. J'aime beaucoup la lettre M, car on la prononce Aime. Mon Dieu que notre langue est riche ! J'en suis sur le Q !  (Extrait de L'Affaire Le Chat)
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Adam a peu souffert du complexe d'Œdipe !  (Extrait de L'Affaire Le Chat)

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Rien ne sert de courir...surtout si c'est dans le mauvais sens !   (Extrait de Chacun son Chat)
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Après la mort, l'esprit quitte le corps, sauf chez les cons. Chez eux, ça s'est passé de leur vivant.  (Extrait de Chacun son Chat)
 
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Je plains celui qui se réveille avec la tête dans le cul...particulièrement s'il est un cerf ou un caribou.  (Extrait de Chacun son Chat)
 
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Il est plus facile de jouer aux mikados avec des spaghettis crus qu'avec des spaghettis cuits.  (Extrait de Le Chat est content)
 
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La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence. Car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle. Tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent. (Extrait de Et vous, Chat va ?)
 
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Vu le prix du maïs vendu sur la Place Saint-Marc, on peut dire que les pigeons nourrissent les pigeons.  (Extrait de Et vous, Chat va ?)

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Depuis qu'on m'a châtré, je ne peux plus me reproduire qu'à la photocopieuse  (Extrait de Le Chat passe à table)
 
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Un groupe de loups, c'est une horde. Un groupe de vaches, c'est un troupeau. Un groupe d'hommes, c'est souvent une bande de cons.  (Extrait de La vengeance du Chat)
 
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Ma tante n'aime pas le camping...c'est dingue non ?   (Extrait de Le Chat)

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On m'a proposé le rôle de Superbelge au cinéma. Mais Hollywood voudrait la garantie que le pays existera encore à la sortie du film.  (Extrait de Le Chat Erectus)

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