jeudi 31 décembre 2015

Les ennemis de la vie ordinaire - Héléna Marienské



Les ennemis de la vie ordinaire

Héléna Marienské
 
 
 
 
Bon réveillon du jour de l'an à toutes et à tous !!!
 
Avant les douze coups de minuit, les enlacements, les vœux, les embrassades...et j'en passe !, je vous propose un ultime papier pour cette année 2015. Il concernera un autre roman sorti lors de la rentrée littéraire de septembre dernier : Les ennemis de la vie ordinaire d'Héléna Marienské.
 
 
 
A. Caractéristiques du roman
Titre =  Les ennemis de la vie ordinaire
 
Auteur = Héléna Marienské
 
Edition - Collection = Editions Flammarion
 
Date de première parution = 2015
 
Nombre de pages = 310 pages
 
 
 
Ma note pour le roman =  15/20
 
B. Petit mot sur l'auteure
Héléna Marienské est née à Béziers en 1969. Elle obtient une agrégation de lettres en 1994. Elle publie son premier roman Rhésus en 2006, roman pour lequel elle reçoit plusieurs prix dont celui du Meilleur Premier Roman par le Magazine Lire en 2006. Les ennemis de la vie ordinaire, dont nous traitons dans cet article, est son quatrième roman.
 
C. Résumé de quatrième de couverture

L'un boit, l'autre sniffe, le troisième fornique à corps perd. Les autres ne sont pas en reste. Tous sont addicts et se trouvent embarqués dans une thérapie de groupe d'un genre nouveau. Ils y trouveront ce qui n'était pas prévu : la polyaddiction. Ca secoue. Mais pas seulement : car ces ennemis de la vie ordinaire vont aussi découvrir dans le groupe l'entraide, l'amitié et l'amour, le bel amour.
 
Comédie hilarante, portée par une écriture brillante et rythmée, ce roman s'empare d'un sujet de société contemporain, l'addiction, pour mieux le détourner : un conte moderne aussi réjouissant qu'immoral.
 
 

 
D. Mon avis sur le livre
L’histoire de ce roman est très simple : sept addicts, qui ont chacun une addiction différente : Jean-Charles est un prêtre (qui ressemble au pape François), accroc à la cocaïne – Pablo qui est accroc au sport – Mariette qui est une jeune junkie – Damien qui est un professeur de littérature du XVIIe siècle à la Sorbonne, accroc au sexe et aux scènes sexuelles hard – Mylène qui est accroc au shopping – Günter accroc aux jeux de hasards et aux casinos – et enfin, Elisabeth, épouse d'un homme richissime, mais qui est alcoolique.
 Chacun de ces addicts se rencontre dans une thérapie de groupe organisée par la jeune psychiatre Clarisse Albéniz, qui s'est mis en tête que les addictions qui se rencontrent finiront par s'estomper. Après des débuts un peu difficiles, les « malades » se prennent d’amitié (voire d’amour) les uns pour les autres, au point qu'ils finissent par vivre ensemble, mais leurs addictions respectives finissent par contaminer les autres patients…au point qu’ils décident tous et toutes de s’initier au poker, sous l’œil avisé de Günter, afin de gagner de l’argent pour financer leurs addictions qui, au final, ne se sont pas du tout calmées, au point que Clarisse abandonne, au bord de la dépression. 
Ce roman m’avait intéressé parce que j’avais cru qu’Helena Marienské contait son histoire avec beaucoup de drôlerie dans sa prose. Sur ce plan-là, j’avoue avoir été légèrement déçu, car, malgré une histoire qui prête à rire, le style est assez ordinaire. Toutefois, quelques bons mots et un style assez différencié entre les personnages qui rend ces derniers reconnaissables.
L’histoire en elle-même est relativement drôle : ce groupe dont chaque membre est atteint d’une addiction particulière, qui se fréquente et dont les différents membres finissent par voir leurs addictions s’interpénétrer dans chacune des âmes est l'objet d'une histoire relativement originale, qui multiplie également les rebondissements, jusqu'à la fin, ce qui permet de maintenir un certain rythme dans la narration. De plus, chaque personnage est haut en couleur et possède ses propres attitudes et son propre langage qui les rendent chacun unique, ce qui donne un roman relativement jouissif. Par contre, le langage parfois un peu cru de certaines scènes, notamment les scènes de relations sexuelles et de prises de drogue peut en choquer certains et certaines.
En somme, un roman relativement distrayant qui vous promet un chouette moment de lecture et comme le dit si justement la petite phrase de fin de la quatrième de couverture…Abstinents, s’abstenir !  :)
 
 
 
 
 
 


dimanche 6 décembre 2015

Titus n'aimait pas Bérénice - Nathalie Azoulai

 
 

Titus n'aimait pas Bérénice

Nathalie Azoulai
 
 
 
 
Ce soir, je vous reviens avec un second roman que j'ai pu lire pour une raison professionnelle mais que, je l'avoue, j'avais très envie de lire bien avant. Ce roman est Titus n'aimait pas Bérénice de Nathalie Azoulai qui a reçu le prix Médicis 2015.
 
  
A. Caractéristiques du roman
 
Titre =  Titus n'aimait pas Bérénice
 
Auteur =  Nathalie Azoulai
 
Edition - Collection = Editions P.O.L
 
Date de première parution = 2015
 
Nombre de pages =  306 pages

Ma note pour le roman =  13/20
 
 
 
B. Petit mot sur l'auteure
 

Nathalie Azoulai est née dans la région parisienne en 1966. Après des études à l’Ecole Normale Supérieure et une agrégation de lettres modernes, elle se lance dans une carrière dans l’édition à Paris. Elle est également devenue auteure de livres pour la jeunesse mais a aussi écrit quelques scénarios.

Son premier roman, sorti en 2002, intitulé Mère agitée, lui vaudra une première reconnaissance publique. Cette reconnaissance augmente encore en 2005 avec le roman Les Manifestations qui relate la montée de l’antisémitisme en France à la fin du XXe siècle.

En 2015, elle connaît une véritable consécration avec son roman Titus n’aimait pas Bérénice, publié lors de la rentrée littéraire 2015 qui sera couronné de deux récompenses : le prix Médicis 2015 et la récompense de la Liste Goncourt : le Choix de l’Orient. Il aura également été présent dans la dernière sélection des Prix Goncourt et Femina.

 
C. Résumé de quatrième de couverture

 

Titus n'aimait pas Bérénice alors que Bérénice pensait qu'il l'aimait.
 
Titus n'aimait pas Bérénice alors que tout le monde a toujours pensé qu'il n'avait pas le choix et qu'il la quittait par sa propre volonté.
 
Titus est empereur de Rome, Bérénice, reine de Palestine. Ils vivent et s'aiment au Ier siècle après Jésus-Christ, Racine, entre autres, raconte leur histoire au XVIIe siècle. Mais cette histoire est actuelle : Titus quitte Bérénice dans un café.
 
Dans les jours qui suivent, Bérénice décide de revenir à la source, de lire tout Racine, de chercher à comprendre ce qu'il a été, un janséniste, un bourgeois, un courtisan. Comment un homme comme lui a-t-il pu écrire une histoire comme ça ? Entre Port-Royal et Versailles, Racine devient le partenaire d'une convalescence où affleure la seule vérité qui vaille : si Titus la quitte, c'est qu'il ne l'aime pas comme elle l'aime. Mais c'est très long et très compliqué d'en arriver à une conclusion aussi simple.


 
D. Mon avis sur le livre
 
Ce roman est une sorte de biographie romancée de Jean Racine. Pour ceux qui aiment le genre de la biographie et l'auteur, ce récit présente la vie de Jean Racine d'une manière relativement détaillée, de toutes les étapes de sa vie et de toutes les émotions que Racine a pu ressentir en écrivant ses pièces ou quand il était auprès du roi ou même quand il siégeait à l'Académie.
 
Cependant, je pourrais reprocher une chose à ce roman : le style que j'ai trouve par moment un peu lourd, un peu pesant et relativement complexe, avec parfois des détails inutilesqui amenait parfois à relire certaines phrases plusieurs fois pour bien les comprendre. Comme si l'excellence oratoire qui était monnaie courante au XVIIe  siècle se retrouvait dans ce roman.
 
Une autre chose que l'on pourrait regretter, même si ce n'était pas l'objet du roman : les passages racontant l'histoire de Titus et Bérénice au XXIe siècle sont malheureusement trop rares (environ une dizaine de pages sur 300).
 
Cependant, je trouve que ce roman était relativement bon, même s'il était quelque fois fastidieux à lire, d'où ma note un peu moindre.

 

 
 


lundi 23 novembre 2015

La dernière leçon - Noëlle Châtelet



La dernière leçon 

 Noëlle Châtelet
 
 
 
Un jour, à la télévision, je suis tombé sur la promotion d'un film qui vient de sortir au cinéma et que je souhaite encore voir : La dernière Leçon de Pascale Pouzadoux avec Sandrine Bonnaire et Marthe Villalonga, qui a vraiment l'air d'un film, certes difficile émotionnellement, mais très réussi. J'apprends par la même occasion que ce film est adapté d'un roman d'une certaine Noëlle Châtelet.
 
Quelques jours plus tard, je vois Noëlle Châtelet dans l'émission La Grande Librairie pour son nouveau livre "Suite à la dernière leçon" et elle parle de ce combat que fut celui de sa mère pour pouvoir mourir dans la dignité, ce qui est le sujet du roman La Dernière Leçon, ce qui m'a instantanément donné envie de lire ce dernier.
 
 
 
 
 
 
A. Caractéristiques du roman
 
Titre =  La dernière leçon
 
Auteur =  Noëlle Châtelet
 
Edition - Collection = Editions du Seuil  (Collection Points)
 
Date de première parution = 2004
 
Nombre de pages =  162 pages

Ma note pour le roman =  17/20
 
 
 
B. Petit mot sur l'auteure (notice de la Société des Gens de lettres)
 

Noëlle Châtelet, née en 1944, est écrivain et universitaire.


Elle fut maître de conférence en communication à l’université Paris XI. Spécialisée dans les questions concernant la problématique du corps, elle multiplie sur ce sujet conférences et colloques en France comme à l’étranger.


Après avoir écrit quelques essais et quelques recueils de nouvelles, elle écrit son premier roman, intitulé La Courte Echelle en 1993. Elle écrira par la suite, une dizaine de romans dont La Dame en Bleu en 1996, La tête en bas en 2002 ou encore La dernière leçon en 2004 et sa suite en 2015. Plusieurs de ses romans sont adaptés par la suite au théâtre et au cinéma.

En privé, elle est la sœur de l'ancien Premier Ministre français, Lionel Jospin et est la veuve du philosophe François Châtelet.
 
 
C. Résumé de quatrième de couverture
 
Lorsque sa mère, à l'âge de 92 ans décide de mettre fin à ses jours, la narratrice est submergée d'effroi. Comment se prépare-t-on à une telle épreuve ? Elle accompagnera jusqu'au bout celle qui lui a donné la vie et partagera les derniers instants de tendresse et de complicité. Elle apprendra par amour sa dernière leçon : celle qui lui manquait pour apprivoiser la mort...
 
 

D. Mon avis sur le livre
 
La mort d'un proche est une sorte d'apprentissage auquel nous nous devons de nous adapter, surtout lorsque la mort dudit proche est volontaire, tel est je crois le message de Noëlle Châtelet dans ce roman.

L'auteure nous livre dans cet ouvrage, un récit poignant sur un sujet grave mais étrangement d'actualité, qui suscite la réflexion de tous. Dans ce roman, tous les éléments des derniers jours de vie semblent réunis, écrits avec une sorte de poésie, qui feraient presque oublier l'intensité, la gravité de l'évènement à venir : les souvenirs d'enfance, les objets de la maman et surtout un mystérieux petit carnet écrit également par la maman et que la fille lit et dont elle s'inspire pour écrire son histoire....

Le style est incroyablement juste et le récit nous donne à certains endroits envie de pleurer, même si la brutalité de l'évènement narré nous contraint parfois à nous arrêter. De plus, le parallèle entre la mort du proche et l'apprentissage est filé en permanence grâce au champ lexical de l'école et des leçons, qui peut prêter à sourire. Pour ceux qui connaissent, le sujet et le style d'écriture m'a très vite rappelé le style de l'écrivaine belge Nicole Malinconi, qui marque une progression pour un évènement tout à fait individuel qui finit par devenir un sujet universel.

En résumé, un excellent roman qui, au-delà de la forte émotion, suscite une profonde réflexion sur la fin de vie !
 
 
E. Quelques beaux passages du roman
 
* La date du 17 octobre m'a inscrite, de force, à l'école de ta mort. (p. 10)
 
* Il y a dix ans déjà, tu avais cru l'avoir atteinte, la limite, avoir outrepassé la ligne fatidique, et puis non, tu avais renoncé, tu t'étais octroyé le droit d'aller plus loin, faisant à nouveau confiance à ton corps, à ta tête, pour un surplus, un supplément de vie. Une sorte de contrat qui, à tout moment, pouvait se rompre, se résilier.
     Cette menace permanente, omniprésente du contrat m'a poursuivie. Il m'est arrivé de la vivre comme une torture, un poison lent. Je t'ai reproché à certains moments cette angoisse souterraine, cette inquiétude tenaillante à laquelle je me trouvais soumise. Elles te désolaient. Tu ne voulais ni de la torture, ni du poison... (p. 74).
 
* Tu ne seras pas le témoin impuissant de toute la souffrance qui, pour cet être si exigeant de sa dignité, accompagnerait inévitablement ce déclin forcé. Le cadeau, songe au cadeau. Tu garderas de ta mère l'image noble de celle qui a su choisir sa fin et regarder sa mort dans les yeux." Et je te remerciais avec ferveur avant de sombrer dans une torpeur confuse où toutes les voix de toutes les nuits se disputaient mon sommeil... (p. 90)
 
* Il ne s'agissait pas seulement, encore une fois, encore une fois, de mettre de l'ordre parmi les objets ou les vêtements, mais surtout de les inscrire dans le vécu, leur histoire commune avec toi. Tu notais parfois leur origine, leur lien avec ta vie et parfois, même, leurs destinations éventuelles. C'est à cela que servaient les dizaines et dizaines de petits mots-étiquettes pleins d'émotion, parfois d'humour qui accompagnaient les moindres empaquetages. (p. 114)
 
* Mais oui, il pouvait tuer, le sentiment atroce de l'impuissance liée à la vieillesse ! Donner l'envie de s'arrêter là, de ne pas s'infliger, et infliger aux proches, l'image humiliante de sa propre incapacité. Tu t'identifiais sans mal à ma Raymonde, tout comme à la vieille Indienne, s'éclipsant à la première neige, sentant le moment venu de dire adieu à la vie et aux siens pour ne pas peser... (Seule la violence du geste te choquait. Tu étais partisane d'une mort douce. C'est mourir en s'endormant que tu projetais pour toi, une mort plus proche possible du sommeil naturel.)  (p. 128)
 
* Nous en revenions donc toujours au même procédé : me faire vivre, avec toi, ce qui d'ordinaire s'accomplit après. Anticiper le rituel de deuil.
   Une fois de plus, il était clair que les cérémonies de la mort, tu n'en voulais pas post mortem. Mais pour qu'elles soient vécues avant, c'est à une toute autre grammaire du deuil que tu devais m'initier, à un effort particulier de la pensée, un travail philosophique, un peu à la manière socratique. Mais au fait, la mère de Socrate n'était-elle pas sage-femme ?   (p. 154)
 
 
 
 


dimanche 15 novembre 2015

Robbie Smith - Bernard Baudour


Robbie Smith 

Bernard Baudour

 
 
Bonjour à toutes et à tous !
 
Dans ce petit article, je vais vous faire la promotion d'un auteur cominois dont le premier (et je n'espère pas le dernier) roman est tout simplement excellent et qui mérite d'être connu du plus grand nombre.
C’est au cours d’une soirée « café littéraire » que j’ai pour la première fois entendu parler de ce petit livre. Bernard Baudour est un auteur de ma petite commune de Comines-Warneton, qui avait entrepris l’écriture de ce livre il y a environ 25 ans et qu'il a ressorti des cartons il y a très peu de temps. Après quelques corrections, ce petit récit est enfin sorti (en autoédition) en cette année 2015.
Que dire à propos de ce livre ? Les mots me manqueraient peut-être…Un roman à propos duquel nous ne pouvons qu'être dithyrambique.  me semble l’expression juste. Quoique ce roman soit quelque peu désarçonnant dès les premières pages.
 
Résumé :
 
L’histoire, qui se passe en 1990, commence en effet par un gang de mamies en furie qui s’en prennent à la virilité d’un facteur bruxellois, pour lui piquer son sac de courrier (on comprendra plus tard qu’elles voulaient récupérer une lettre en particulier). Tout cela devant un employé ministériel, prénommé Edouard, qui venait de poster sa lettre de démission et qui se donne donc pour mission de la récupérer à tout prix… C’est là qu’il se fait à son tour attraper par le gang féminin, composé de trois générations, qui va ensuite l’amener dans un périple, à la recherche d’un certain Bob (qui s'avère être le fils de l'une d'entre elles) qui "souhaite" assassiner un acteur hollywoodien, car ce dernier aurait assassiné sa sœur le jour du Débarquement de juin 1944, un acteur dont le vrai nom est Robbie Smith. Ce périple amènera notre héros et ses ravisseuses à Cannes lors du fameux Festival (où il fera quelques connaissances intéressantes) et en Normandie, qui sera le lieu-clé du dénouement de l'Histoire.

Critique :

Une des plus franches qualités de cet ouvrage est la capacité qu’il a de maintenir le suspense jusqu’au bout, avec ce qu’il faut de rebondissements, car ce roman est tout simplement sans temps mort. Les faux-semblants se multiplient également à volonté, ce qui peut, certes, perdre certains lecteurs, mais on finit très vite par retomber sur ses pieds. Quant à la fin, elle est tout simplement inattendue…

Au-delà de l’histoire franchement burlesque et extrêmement agréable à lire (malgré un petit noircissement de ladite intrigue vers la fin), le style de ce « jeune » auteur est aussi comique que l’intrigue elle-même. En effet, Bernard Baudour alterne un récit tout à fait sérieux, tout en restant léger, mais manie également avec subtilité un langage qui s'avère parfois moins « conventionnel ». Qui plus est, ce qui est encore plus attirant dans son écriture, ce sont les multiples références au cinéma (affectionné tant par l’auteur que par le héros) qui raviront les fans de 7ème art.

Bref, je vous recommande chaudement la lecture de cette petite œuvre, concise mais très agréable à lire. Vous passerez à coup sûr un excellent moment.

N.B : Cependant, Bernard Baudour étant un auteur cominois autoédité, son roman n’est disponible que dans une librairie cominoise, une librairie warnetonnoise et sur Internet, donc s’il vous intéresse, je vous donne le lien du site où vous pourrez l’acheter pour la modique somme de 8€ :

http://www.thebookedition.com/bernard-baudour-robbie-smith-p-126746.html



Ma note attribuée à ce roman : 15/20





Elle et lui - Marc Lévy



Elle et lui 

Marc Lévy
 
 
 
 
Bonjour à toutes et à tous !
 
 
C'est une chronique un peu inhabituelle que je vous présente : en effet, la lecture dont je vous rends compte n'est pas une lecture qui aurait pu être ordinairement dans ma PAL, car j'étais, je l'avoue, influencé par les mauvaises critiques à l'égard de l'auteur qui lui reprochaient son côté non-littéraire.
 
Toutefois, une petite occasion professionnelle m'a permis de pouvoir lire ce roman de Marc Lévy qui s'est avéré finalement être une très bonne surprise.
 
 
Résumé :
 
Elle et lui conte l’histoire d’une rencontre entre Mia, une jeune actrice anglaise qui vient de se séparer de son mari et vient vivre à Paris incognito et Paul, un jeune écrivain originaire de San Francisco…
Ils auront bientôt en commun un site de rencontres, elle s’y inscrivant et lui y étant inscrit par un couple d’amis. Malgré une première rencontre houleuse, Mia et Paul décident de se revoir. C’est ainsi que les deux « amis » multiplient les rencontres dans Paris, leur relation se basant sur l’ambiguïté amour-amitié et sur le mensonge de Mia sur son identité...jusqu'au jour où Paul est invité en Corée du Sud où tout ne se passera pas comme prévu...
 
Critique :
Je dois avouer que ce livre est une très bonne surprise pour moi : au-delà de l'histoire entre Mia et Paul qui est peut-être un peu banale, ce qui entoure cette histoire, que ce soit les promenades des "amis" à travers Paris ou encore le rebondissement final à propos des livres de Paul a le mérite de rendre ce livre attrayant.
 
De plus, le style, que certains pourraient qualifier de non-littéraire permet néanmoins une lecture rapide du roman, ce qui n'enlève rien.

Bref, une belle découverte que je recommande à tous ceux qui souhaitent découvrir les romans de Marc Lévy !
 
 
Ma note pour ce roman : 14 / 20
 
 


jeudi 29 octobre 2015

Jolie libraire dans la lumière - Frank Andriat



 
Jolie libraire dans la lumière

 Frank Andriat
 
 
 
 
C'est samedi dernier, en flânant au Furet du Nord d'Englos, à la recherche de nouvelles découvertes littéraires, que je suis tombé, sur un petit comptoir, sur un petit livre de Frank Andriat, nommé Jolie libraire dans la lumière, titre qui m'a immédiatement sauté aux yeux. Une fois acheté, je me suis empressé de le lire et on peut dire une chose : les quelques heures que j'ai mises à lire ce (petit) livre ne sont en aucun cas des heures perdues.
 
 
Je connaissais déjà l'auteur Frank Andriat, mais dans un tout autre registre : en effet, j'avais beaucoup apprécié son premier recueil d'observations sur le milieu scolaire d'aujourd'hui, intitulé Les profs au feu et l'école au milieu que j'avais trouvé très bien écrit et dont les observations étaient extrêmement justes; si bien que je compte lire son deuxième recueil sur le sujet intitulé Moi, Ministre de l'enseignement.
 
 
                            
 
 
Mais revenons-en à ce magnifique petit livre intitulé Jolie libraire dans la lumière :
 
 
Ce récit raconte l'histoire d'une jeune libraire, prénommée Marilyne, qui est une grande amatrice de livres et mère d'un jeune homme prénommé Antoine. Elle lit un livre (qui aura une grande incidence dans sa vie), lorsqu'un jeune homme charmant entre dans la librairie et elle tombe sous le charme de ce jeune homme (qui se prénomme Laurent, comme nous l'apprenons plus tard dans le récit.).
 
Le récit se partage ensuite entre deux époques qui alternent : dans le premier temps, son fils Antoine est âgé de 7 ans et dans le second, il est âgé de 17 ans.
 
Il ne faut pas croire que ces deux époques sont choisies de manière anodine : en effet, un évènement tragique pour Marilyne intervient lors de la première époque : la mort de son frère Frédéric, après qu'il a été renversé par une voiture, alors qu'il faisait la course en pleine rue avec son neveu, après avoir vécu un moment inoubliable dans un fast-food et cet évènement tragique aura une grande incidence lors de la deuxième époque, dix ans plus tard, car cet évènement fait partie de l'intrigue principale du roman qu'elle lisait au début du récit, roman qui aura bien plus d'influence dans sa vie qu'elle ne pouvait le penser.
 
Ce récit est, en somme, l'histoire d'un livre qui peut bouleverser toute une vie...
 
Cependant, ce qui est encore plus frappant dans ce roman, c'est l'utilisation peut-être à outrance de la notion de lumière et d'ombre, qui vient s'immiscer dans la vie de Marilyne où qu'elle soit : dans sa librairie, chez elle, dans le train...
 
En somme, ce petit livre de 145 pages est un petit bijou de littérature, très bien écrit et qui, malgré une histoire assez simple parvient à nous transporter grâce justement à ce style léger. Nous n'avons qu'un regret, une fois les 145 pages lues : que le roman soit déjà fini.
 
 
Note que j'attribue à ce roman : 18/20
 
 
 
 
 


jeudi 22 octobre 2015

L'autre Simenon - Patrick Roegiers



L'autre Simenon 

Patrick Roegiers
 
 

 
Bonjour à toutes et tous,
 
Il y a de cela quelques semaines, j'avais écrit, sur ce même blog, un papier qui justifiait mon choix de lire le dernier roman de Patrick Roegiers, l'Autre Simenon. Autant dire que, malgré que l'orientation du roman ne soit pas celle que j'attendais, je n'ai vraiment pas été déçu loin de là.
 
 
Critique :
 
Ce dernier roman est un très bon roman de Patrick Roegiers qui nous permet de découvrir ou de re-découvrir à quel point la période du rexisme était une des périodes les plus noires de l'Histoire de Belgique.

J'ai l'impression (peut-être que je me trompe) que, contrairement à ce que nous ferait croire le titre, la présence et le destin des frères Simenon n'est qu'anecdotique, la majeure partie du roman étant consacrée à la période rexiste, à ses dirigeants et à la manière dont le parti a pu attirer tout un peuple dans son giron (comme ont pu le faire les fascistes et les nazis dans leurs pays respectifs).
 
Certes, les rapports tendus entre Georges Simenon et son frère Christian sont traités, mais de manière vraiment diffuse à tel point que, selon moi, si on avait remplacé les frères Simenon par des anonymes, le roman aurait été sensiblement le même et aurait pu avoir la même portée. En somme, peut-être que ce roman n'aurait peut-être pas dû s'appeler l'autre Simenon, mais aurait dû avoir un titre qui fait davantage référence aux conséquences néfastes du rexisme.

En outre, ce qui rehausse encore plus la qualité de ce roman est le double registre de langage utilisé par Patrick Roegiers : un langage tout à fait ordinaire pour la narration, doublé d'un langage ironique, très libre et presque vulgaire (comme écrit sous le coup de la colère) quand il parle des rexistes, ce qui ajoute de la drôlerie pour traiter ce sujet grave, mais surtout du rythme.

 
En résumé, un excellent roman de Patrick Roegiers qui nous permet de revivre cette période sombre de l'Histoire de Wallonie (et a fortiori de la Belgique), au style libre, qui se lit avec délectation.

Ma note pour ce roman : 16/20




N.B. : Au risque de me faire lyncher, j'aimerais revenir sur la polémique qui a enflé sur ce roman et sur la dispute entre les Messieurs Roegiers et Baronian (qui "défend" Georges Simenon).

Je trouve que, certes, M. Roegiers ne dépeint pas Georges Simenon sous son meilleur jour, mais je ne pense franchement pas que ce roman mérite d'une part une telle polémique et d'autre part toutes les insultes dont il a pu être victime dont celle "d'imposture intellectuelle".
 
Ce qui dérange avant tout, comme disait si bien Jean-Paul Einthoven dans un reportage de la RTBF le weekend dernier, c'est le fait que l'on ose dire qu'une personnalité que l'on a élevé au rang de mythe ait pu avoir une conduite déplorable et donc qu'il y ait une absence de volonté de remise en question du mythe. Je pense également que c'est là que se situe le problème, mais bon libre à chacun de se faire son opinion. 



mardi 13 octobre 2015

Serge Reggiani - Nous nous sommes tant aimés




Nous nous sommes tant aimés
 
 Serge Reggiani
 
 
 
 
Bonjour à toutes et tous,
 
 
 
Aujourd'hui, l'article fait suite à l'excellent documentaire passé hier sur France 3 qui retraçait la vie d'un artiste que j'adore et dont les chansons font partie de ma vie : M. Serge Reggiani.
 
Je vous parlerai, en plus, d'une biographie le concernant que j'ai lue il y a quelques mois : Serge Reggiani ou l'acteur de la chanson par Daniel Pantchenko.
 
 
 
                      Serge Reggiani sur scène dans la pièce Les Séquestrés d'Altona de Jean-Paul Sartre
 
 
Résumé de sa biographie
 
Serge Reggiani, né en 1922 en Emilie-Romagne et décédé en 2004, était un fils d'émigrés italiens qui ont fui le régime fasciste de Mussolini. La petite famille débarque à Yvetot en Haute-Normandie mais n'y restent que très peu de temps et déménagent à Paris. Le jeune Sergio (ou Serge) commence comme garçon coiffeur dans le salon de son père, mais il s'aperçoit très vite qu'il n'est pas fait pour ce métier et commence très vite à prendre des cours de comédie.
 
En effet, avant d'être le chanteur que l'on connaît, Serge Reggiani a été un des plus populaires acteurs du cinéma et du théâtre français : il a joué dans environ 120 films tant au cinéma qu'à la télévision.
 
Il a notamment joué dans des films restés cultes tels que :
 
- Casque d'Or de Jacques Becker avec Simone Signoret
- Vincent, François, Paul et les autres de Claude Sautet avec Yves Montand et Michel Piccoli
- Le Guépard de Luchino Visconti avec Alain Delon 
- L'Armée des Ombres de Jean-Pierre Melville avec Lino Ventura
- Les Misérables de Jean-Paul Le Chanois avec Jean Gabin et Bourvil où il interprétait le rôle d'Enjolras, le meneur de la révolte de 1830.
 
 
Scène du film Vincent, François, Paul et les autres
 
Au théâtre, son rôle le plus célèbre restera celui d'un officier allemand dans la pièce Les Séquestrés d'Altona de Jean-Paul Sartre, qu'il a créé en 1958 et qu'il reprendra quelques années plus tard. Mais il a également joué dans de très célèbres pièces telles que Les Parents terribles de Jean Cocteau ou Les Justes d'Albert Camus
 
C'est alors qu'il a atteint la quarantaine et qu'il est au sommet de sa gloire cinématographique qu'il se lance dans une carrière de chanteur, sous l'impulsion de la chanteuse Barbara (interprète de l'Aigle Noir). Il fera alors la brillante carrière qu'on lui connaît, bien qu'elle fut émaillée, au départ, de quelques échecs. Reggiani avait pour habitude de ne pas écrire ses propres textes et, pour ses succès, a fait appel aux plus grands paroliers comme Georges Moustaki, Jean-Loup Dabadie ou encore Claude Lemesle.
 
Il restera l'interprète de chansons inoubliables telles que :
 
- Il suffirait de presque rien,
- l'Italien,
- Sarah  (écrite par Georges Moustaki)
- Ma Liberté
- Ma Solitude
- Hôtel des Voyageurs,
- Les loups sont entrés dans Paris (qui fait référence à l'invasion nazie dans Paris),
- Le petit garçon
- Ma fille
- Votre fille a vingt ans
Ma dernière volonté
- Le Déserteur  
- ...
 


Mais comme tout le monde, Serge Reggiani avait sa part d'ombre. Deux évènements ont particulièrement assombri sa vie

* La première a été le suicide de son fils Stéphan : Stéphan Reggiani voulait être chanteur mais il n'a jamais réussi à se faire un prénom face à la stature de son père. Les fans du clan Reggiani ne cessaient de faire valoir une comparaison entre le père et le fils. Stefan se suicide en 1980 à l'âge de 35 ans, laissant son père dans un grand désespoir.

* La deuxième part d'ombre de Serge Reggiani fut son addiction notoire à l'alcool. En effet, Reggiani fut, durant son existence, un amateur de ce paradis artificiel, au point d'en nier la maladie. Plusieurs de ses chansons parlent d'ailleurs de cette addiction : La chanson de Paul et Mensonges d'un père à son fils.


Critique de la biographie de Daniel Pantchenko

Avec cette biographie de M. Serge Reggiani qui fut un des plus grands artistes de la chanson française, Daniel Pantchenko nous offre un récit merveilleusement écrit de la vie de cet artiste, avec un style tout à fait neutre mais à l'efficacité incontestable.

Un des points forts de cette biographie est que l'auteur n'élude absolument aucun aspect de la personnalité complexe de M. Reggiani, racontant ses accès de colère, les rapports compliqués avec son fils Stefan ou encore le démon de l'alcool qui n'a cessé de tourmenter sa vie.


En bref, une très grande biographie, objective, documentée et écrite avec énormément de style. A lire absolument !


Voilà pour mon article sur cet immense artiste qu'était Serge Reggiani, à bientôt pour un nouveau papier, en espérant qu'l s'agisse d'une critique de livre, cette fois-ci !
 


vendredi 2 octobre 2015

Ressources inhumaines - Frédéric Viguier


 
Ressources inhumaines

Frédéric Viguier



 
 Bonjour à toutes et tous,
 
Je vous reviens (enfin), avec une troisième critique d'un roman de la rentrée littéraire. Cette fois-ci, mon choix s'est porté sur un premier roman : celui de Frédéric Viguier, intitulé Ressources inhumaines. Au-delà de l'atmosphère que semblait présager la description des libraires, ce qui m'a attiré (par la suite), c'est le fait qu'aucun jury de prix littéraire ne l'ait retenu pour sa première sélection, ce qui avait plutôt attiré mon curiosité et attisé mon étonnement.
 
Caractéristiques du roman
 
Nom de l’œuvre : Ressources inhumaines
 
Auteur de l’œuvre : Frédéric Viguier 

Maison d'édition : Editions Albin Michel    
Date de première parution : 2015
 
Nombre de pages : 269 pages
 
Voici donc ma critique :
 
Dès le début du roman, Frédéric Viguier manie avec brio la description du travail dans ce grand hypermarché qui sera  le lieu des plus grandes manœuvres et des plus grands tirs dans les pattes entre collègues ainsi que la noire psychologie des employés et de la direction que nous suivrons dans ce magasin.
Dans la première partie du roman, le personnage principal est encore une petite stagiaire, qui ne semble, au départ, pas très motivée et qui est là parce qu’elle doit être là pour un stage professionnalisant. Mais très vite, cette petite jeune femme qui semble sympathique au premier abord, devient très vite (avant la 50ème page) un personnage dont l’ambition est absolument à toute épreuve et devient de plus en plus antipathique au fil des pages, car elle ressemble de plus en plus à s’y méprendre aux jeunes loups ambitieux qui pourraient tuer père et mère pour progresser dans la hiérarchie. En témoignent les scènes du début du roman où dès le premier jour, elle couche avec son chef de rayon dans sa voiture ou la scène où elle monte toute une combine contre une collègue pour se faire bien voir de la direction et, ainsi, avoir sa place. Il faut également ajouter qu’au fur et à mesure de cette première partie, cette jeune femme (passée responsable du rayon textile femme) se met tout le monde (et surtout la direction) dans la poche et apprend, au fur et à mesure, toutes les stratégies du monde de l’hypermarché, même les plus inimaginables.
Dans la deuxième partie, la jeune femme est devenue une femme de 40 ans, qui stagne dans son poste de responsable du rayon textile femme. Elle est l’amante de Gilbert, l’ancien responsable du rayon textile homme qu’elle voit de temps en temps, comme il a été muté à plusieurs centaines de kilomètres, dans un autre magasin du groupe. Mais l’arrivée d’un nouveau responsable de rayon, nommé « il », va tout remettre en question. En effet, alors qu’elle se confronte au renouvellement des méthodes managériales à cause de ce fameux « lui », nous commençons à entrevoir une faille psychologique chez la cheffe du secteur textile. Elle commence à se fragiliser et à être prise de paranoïa, allant jusqu’à imaginer que ce « il », devenu son amant, malgré son jeune âge, la manipule pour la faire virer, comme elle avait elle-même vingt ans plus tôt. Nous suivons donc cette déchéance psychologique jusqu’à son terme…jusqu’à un ultime rebondissement.
Critique :
Pour commencer cette critique, je reprendrai les trois adjectifs qui sont présents sur la quatrième de couverture pour décrire le roman, adjectifs que je ne peux que confirmer : implacable, glaçant et dérangeant.
En effet, ce roman qui nous plonge dans les arcanes les plus profondes du monde du travail en supermarché suscite assez souvent le malaise, voire la révolte, malgré le sentiment de vérité qu’il provoque, parce que ce monde du travail est résumé par diverses combines, par une ambition démesurée (qui ne change pas au fil des années) et par l’indifférence envers les dommages collatéraux qu’une telle ambition peut susciter. Cependant, l’auteur nous livre cette mise en scène, plutôt négative, avec une écriture tellement efficace, qui nous donne l’impression de s’y reconnaître, quel que soit le métier que nous exercions.
En clair, un très bon roman, peut-être un peu trop réaliste, et un peu trop à charge contre le monde du travail tel que nous le connaissons aujourd’hui (probablement la raison pour laquelle aucun jury de prix littéraire ne l’a retenu pour sa première sélection).
Enfin, pour clore, le résumé final de la critique : un réquisitoire violent contre le monde du travail mais écrit de manière tellement efficace qu’on n’en sort pas réellement indemne.
 
Note attribuée à ce roman : 15/20