samedi 27 février 2016

François le Petit. Chronique d'un règne de Patrick Rambaud



 
Livres acquis à la Foire du Livre de Bruxelles I
 
 
François le Petit. Chronique d'un règne de Patrick Rambaud
 
 
 
Bonjour à toutes et à tous.

Ma chronique, aujourd'hui, portera sur une des acquisitions que j'ai faites à la Foire du Livre de Bruxelles de la semaine dernière. Un livre parodique sur le début du quinquennat de François Hollande, intitulé François le Petit. Chronique d'un règne, écrit par Patrick Rambaud, qui avait déjà chroniqué de manière tout aussi parodique le "règne" de Nicolas Sarkozy dans ses 5 précédents livres, intitulés Chroniques du règne de Nicolas Ier.
 
 
 
A. Caractéristiques du roman
 
Titre =  François le Petit. Chronique d'un règne
 
Auteur =  Patrick Rambaud
 
Edition - Collection = Editions Grasset
 
Date de première parution = 2016
 
Nombre de pages =  219 pages

Ma note pour le livre =  18/20
 
 
B. Petit mot sur l'auteur
 
Patrick Rambaud est né à Paris en 1946. En 1970, après avoir écrit un premier roman et avoir été correcteur pour une maison d'édition, il est engagé au journal Actuel dont il sera un des piliers pendant 14 ans.
 
Dans les années 80, il écrira deux romans parodiant les romans de Marguerite Duras.
 
Il obtient le prix Goncourt en 1997 pour son roman La Bataille qui s'inspire d'un projet de Balzac (non achevé) qui était de décrire les batailles napoléoniennes. Ce roman sera le premier d'une tétralogie comprenant les romans La Bataille, Il neigeait, L'Absent et Le Chat Bottéil décrira les batailles napoléoniennes. Il intégrera l'Académie Goncourt en 2008, succédant au démissionnaire Daniel Boulanger.
 
En 2009, il entreprend une chronique parodique du quinquennat du Nicolas Sarkozy (alias Nicolas Ier). Cette chronique se déclinera en 5 livres, jusqu'à l'avènement de François Hollande (alias François IV). Il sort en 2016 son premier roman chroniquant la première moitié du quinquennat de François Hollande.

 
C. Mot de l'éditeur - Editions Grasset
 

« Moi, Président, je demanderai à Patrick Rambaud de ne pas m’écrire de chronique du règne de François Ier… »


C’était impossible en effet : François Ier était pris, tout comme le méconnu François II, l’impossible François III. Et François IV fut roi de Modène.

Patrick Rambaud s’est donc choisi un roi de haut calibre : François le Petit.

Nicolas Sarkozy était romanesque à souhait, contourné, faux, kärcherisé, entretenant une cour volatile et dorée.

Avec sa montre en plastique et ses costumes bleu trempés, François le Petit est théâtral : en son palais de confetti, avec son casque à visière, au côté de ses femmes…

Pour sauver la France et de l’ennui et du médiocre, votez Patrick Rambaud !

 

D. Mon avis sur le livre
 
Ce livre est un véritable délice parodique. En effet, il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas de ce début de quinquennat de François Hollande.
 
Ce qui est encore plus positif dans cet opus, hormis cette précision dans les faits et la psychologie "hollandienne", c'est qu'il n'épargne absolument aucun homme politique dans cet ouvrage.
 
Tous les hommes et femmes de tous les partis y passent : Hollande, Sarkozy, Marine Le Pen, Copé, Valls, Macron, Taubira, Ayrault, Fillon, Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Wauquiez, Le Maire, Buisson, Philippot, Boutin....et j'en passe, mais aussi quelques personnages publics comme Valérie Trierweiler, Julie Gayet ou Frigide Barjot et les manifestants les plus virulents de la Manif pour tous.
 
Le plus grand témoignage du fait qu'il n'épargne absolument personne est la pléiade de surnoms drolatiques qu'il donne à chacun d'entre eux, par exemple :
 
* L'archidiacre Wauquiez
* Nathalie Prosciutto-Morizet, nommé aussi Mme de Longjumeau
Le duc de Meaux pour Jean-François Copé
* Le duc de Sablé pour Fillon
* Le Connétable Montebourg
* Le duc de Nantes pour Jean-Marc Ayrault
* Le duc d'Evry pour Manuel Valls
* La marquise de Pompatweet pour Trierweiler,
* Mlle de Montretout pour Marine Le Pen
* Le père Philippot.
*...
 
Mais les pires de tous sont sans conteste sont évidemment Sarkozy et Hollande qu'il affuble de tous les adjectifs les plus déplaisants qui soient et ce, pour notre plus grand plaisir : j'en veux pour exemples les cas suivants (pris au hasard dans le livre) :
 
* Pour François Hollande : François le Petit, François le Sourdingue (p. 157), François l'Usurpateur  (p. 174), Notre Pittoresque Monarque (p. 198), François le Roublard (p. 200), François le Valeureux (un peu ironique), François le Miteux (p. 213), François le Frileux (p. 57), François l'Anguille (p. 101), François la Fêlure (p. 108)...
 
* Pour Nicolas Sarkozy : Nicolas l'Eclaté (p. 132), Nicolas l'Engourdi (p. 141), Nicolas le Furtif (p. 174), Nicolas-le-Phare-de-la-Pensée (ironie) (p. 175), Nicolas le Patibulaire (p. 182), Nicolas le Fanfaron (p.  184), Nicolas l'Oublieux (p. 200)...
 
De plus, le style de Patrick Rambaud est absolument délicieux d'ironie et de drôlerie, ce qui promet un franc moment de rire à tous les non-partisans (comme moi) qui liront ce livre. Il démêle avec brio tous les ficelages de ce monde cruel et hypocrite qu'est celui de la politique et des chaises musicales du pouvoir et ce, aux travers des "plus grands évènements" qui jonchèrent la première partie du quinquennat (jusque janvier 2015) qui s'achèvent avec l'attentat contre Charlie Hebdo, comme, par exemple :
 
* L'affaire du tweet de Trierweiler pendant les législatives contre Ségolène Royal
* La constitution des gouvernements Ayrault et Valls et l'association des contraires.
* L'affaire Cahuzac
* L'affaire Aquilino Morelle
* L'affaire Bygmalion
* La manif pour tous et la loi Taubira sur le mariage gay
* La montée du Front National (surnommé Front populiste pour l'occasion)
* L'affaire Rémy Fraisse
* Julie Gayet, François Hollande et le scooter
* Le livre de Valérie Trierweiler Merci pour ce moment et " les sans-dents"
* Le retour de Nicolas Sarkozy aux affaires
* ...
 
En résumé, un florilège de portraits hilarants, la description parodiquement drôle d'un début de quinquennat pour le moins mouvementé et un ton plus que libéré et ironique et, qui plus est, qui n'élude absolument aucun parti politique, pour un livre qui très franchement est une pépite de la parodie politique que je recommande absolument à qui voudra.
 
 
E. Quelques phrases marquantes du livre
 
La marquise de Pompatweet n'en était pas à se première réaction nerveuse. L'entourage du Prince s'en méfiait mais comment l'empêcher de nuire ? Elle avait déjà réussi à éloigner l'archiduchesse des Charentes de la cérémonie de passation de pouvoir, pour défiler seule comme une reine devant le régiment des sommités venues prêter allégeance au Nouveau Souverain. Elle était si possessive qu'elle ne s'embarrassait point de considérations politiques... (p. 19).
 
* Aussi piètre stratège que Nicolas-le-Mauvais, le Souverain ne portait qu'une tactique à courte vision, à l'inverse Jules II qui joua le gâtisme pour que les cardinaux pussent élire un pape malléable, mais, sous la tiare pontificale, il se réveilla et mourut centenaire après avoir mené de rudes guerres. (p. 25).
 
* Notre Monarque Inspiré avait un défaut qu'on lui découvrit. Lui si habile lorsqu'il discourait dans les meetings internes à son parti, s'avérait lamentable quand il fallut d'adresser au peuple en entier. Il ne savait point parler aux gens de leurs problèmes, qu'en fonctionnaire il n'avait jamais sentis. Le chômage, pour lui, ce n'est pas une famille endettée, qui s'épuisait en petits travaux pour payer le gaz qui cuirait les haricots en boîte, non, mais une courbe qui ondoyait, montait ou descendait au gré des gains ou des pertes, qui dégringolait surtout en un bel arrondi, et François IV ne considérait que cet effondrement mathématique, oublieux de sa traduction dans la vie quotidienne de millions de gens. Ces millions de gens finirent pas ne plus rien espérer de lui, et quand il prit la parole pour la première fois sur les fenestrons, il évoqua les contraintes budgétaires et annonça des hausses d'impôt, l'exact contraire de ce que beaucoup attendaient. (p. 33)
 
* S'il avait d'abord mimé l'attitude du beau joueur, c'est-à-dire du bon perdant, Nicolas-Pisse-Vinaigre remâchait sa défaite à l'élection suprême. Ses amis comme lui minimisaient son piètre résultat et tentaient d'apaiser ces accès de fureur qu'il devait rentrer. "Ah ! disait-il, si j'avais pu prolonger ma campagne, je l'emportais !" Ainsi se consolait l'ancien Monarque en s'efforçant au silence, car il refusait de croire que le peuple en avait soupé de ses manières cassantes et ne voulaient plus ni le voir, ni l'entendre. Nicolas-le-Maudit devait se faire oublier pendant une ou deux années et laisser son entourage entretenir sa réputation, ou la réparer, alors, contre l'incurie de son successeur, qu'il devinait, il reviendrait pour triompher. Voilà son rêve.  (p. 42)
 
Quant au sévère duc de Sablé, après avoir été pendant cinq ans le Premier souffrant de Nicolas-le-Fripon, il se libérait enfin de cette infâme contrainte. Il s'accordait le droit de s'exprimer autrement qu'en perroquet. Faire carrière ? Non, pas lui qui se réclamait sans cesse de l'intérêt national pour maquiller noblement ses visées. Il entrevoyait néanmoins le Château au bout de son parcours. La bataille commença pour la prise de cette grosse machine qu'était devenu le Parti impérial, avec ses troupes, ses outrances, ses postures et ses ruses. (p. 49).
 
* Tandis que ces glorieux évènements se déroulaient sur le sol africain, une autre sorte d'insurrection religieuse gonflait à Paris, autant que dans nos paroisses de province [..], ce qu'à Pékin on aurait appelé le Grand Bond en Arrière. Le mouvement naquit pendant un hiver pour éclore à l'orée du printemps, voilà pourquoi il demeura dans nos livres d'histoire sous l'appellation de Printemps des Iodens, du nom de ces habits verts portés à Paris entre la rue de la Pompe et Saint-Pierre-de-Chaillot. Au début, il y eut une clameur qui couvrit les grandes orgues à la messe de onze heures : la duchesse Taubira, Garde des Sceaux, proposait d'ouvrir le mariage aux couples homosexuels. Le mariage ! Un sacrement ! Ces gens qui croyaient dur que la Vierge Marie avait donné vie à un divin poupon, sans avoir été troussée, ne fût-ce par le Saint-Esprit, l'archange Gabriel ou son mari, faillirent s'étrangler; alors ils s'organisèrent pour fortifier leur bastion et processionner. Ils venaient directement des années cinquante, ainsi que les personnages des romans de Mlle Berthe Barnage, laquelle les brodait pieusement pour les jeunes filles des beaux quartiers  (pp. 63-64).
 
* Un ministre de François-le-Mal-Aimé s'en tira avec les honneurs, ce fut le duc d'Evry, M. Valls, qui répliqua sur un ton définitif aux questionneurs [...] Les gens aimaient bien l'air intransigeant du duc d'Evry, et son ton cassant rassurait. L'Homme savait où il allait et où il voulait nous guider. Sa cote grimpait autant que celle du Monarque sombrait. Il était populaire. (pp. 87-88).
 
* S'il s'en tirait par des pirouettes, François-la-Fêlure manœuvre en douce pour paraître un authentique monarque; il ne comprenait par pourquoi il glissait si bas dans les sondages quotidiens dont ses administrés étaient gourmands. "J'ai passé beaucoup de temps sur la crise au Mali !" disait-il, mais justement, on lui reprochait de ne point ferrailler contre le chômage et sa gangrène. Il croyait avoir pris des mesures, mais ce n'étaient que des pansements. Il avait diminué surtout les statistiques en multipliant les contrats aidés et les formations, avait échoué, comme c'était prévisible, avec ce qu'il avait nommé les contrats de générations, qui liaient à l'embauche un jeune et un vieux - belle utopie. Tout cela était tellement artificiel, tellement une routine de tous les pouvoirs. Nicolas Ier avait eu recours au même stratagème. François IV décevait ses partisans et se faisait houspiller par ses adversaires; il trouvait la situation trop injuste. "Sa Majesté détesté qu'on le haïsse", confia une intime, mais on ne le haïssait point, comme son prédécesseur, on le négligeait. Où en était sa réforme fiscale ? Et le droit de vote, aux municipales, pour les immigrés, qui payaient leur impôts ? Aux oubliettes.  (pp. 108-109)
 
La contestation se généralisait en prenant des noms de basse-cour, d'abord les pigeons, entrepreneurs en haute technologie qui s'insurgeaient contre une fiscalité dévorante, puis les poussins, auto-entrepreneurs menacés, puis les dindons, hostiles à la réforme des rythmes scolaires, puis les moutons tondus par une augmentation de leurs cotisations, enfin les cigognes qui demandaient que les sages-femmes aient un statut à l'hôpital. Une succession de révoltes menaçait. (p. 144).
 
* Ce fut tout de même le duc de Bordeaux qui triompha sans trop le montrer; il devançait M. de Meaux dans le cœur des partisans de son bord. On commença à parler de lui comme d'un homme envoyé par la providence, un recours pour qui briguait le Trône et pouvait en chasser François-le-Taiseux. Le duc ne pipait mot. Calfeutré dans son fief qu'il avait ranimé en vingt ans, sur le perron monument du Palais Rohan ou sur les quais nouveaux qu'il avait fait bâtir pour border la Garonne, il se satisfaisait d'abord du dernier palmarès qui plaçait Bordeaux en tête des villes où il faisait bon vivre. Tout lui sourit, après tant d'embardées [...]  et s'affirmât contre le Front Populiste, lequel venait d'emporter quelques bourgades, en se posant a et là par surprise, en s'implantant sur le terrain perdu par les partis traditionnels. (p. 160).
 
L'équipe en effet allait être resserrée, cohérente et soudée autour du Premier des Ministres, ce qui avouait que l'équipe en poste depuis deux ans était pléthorique, incohérente et divisée. La situation manquait de confort et la décision surprit l'aile gauche du Parti social, laquelle se méfiait du duc d'Evry : "La social-ploutocratie est en marche !" En plus de ce virage annoncé à tribord, M. D'Evry ne cachait point son but ultime, conquérir le Château, mais il protesta de sa fidélité au Prince qui le crut à demi.  (pp. 158-159).
 
Le duc de Nantes n'avait aucune ambition et cela rassurait Notre Majesté; ce n'était pas le cas du duc d'Evry, qu'il ne pouvait s'empêcher de considérer comme son rival. Excellent joueur d'échecs, celui-ci lorgnait depuis trente ans sur les attributs du Monarque et n'en faisait point mystère (p. 159)
 
François IV penchait de longue date pour les idées de M. d'Evry, c'est-à-dire que les citoyens produisissent plus et mieux avec moins. Le sommet de la compétition était atteint quand, sur des modèles proches de l'esclavagisme, les employés étaient les moins payés possibles, durs à la tâche et capables de rivaliser avec les Bantous ou les Slovènes. Aussi les deux hommes proposaient-ils de tailler dans les dépenses publiques, sans épargner les dépenses sociales, au lieu de tailler dans les niches fiscales des plus fortunés. Sa Majesté, venait d'ailleurs d'inventer le pacte de responsabilité, ce qui, dépouillée du jargon technique et fleur que François-le-Visionnaire appréciait pour tout brouiller dans l'entendement, signifiait en langue claire qu'il entendait alléger de trente milliards les charges des entreprises, en songeant aux plus grosses et aux plus productives; cela venait à payer un cadeau en échange de promesses, car le Directeur du Patronat s'engageait à embaucher un million de travailleurs; le projet relevait du leurre, mais ce baron Gattaz, matois et courbé du dos, en couinait de joie. Sa Majesté, en fait, confortait la finance dont il avait prétendu se méfier... (p. 162)

 
Réforme, le mot fut à l'époque employé à tout-va, tant qu'il finit par s'user à en perdre le sens. Autrefois, une réforme invitait au changement afin que les hommes puissent mieux vivre, mais désormais le mot signifiait le contraire, un changement dans le sens de l'économie sans âmes et sèche. [...] Le conseiller Macron avait livré sa vision sur les ondes. Ne travailler que trente-cinq heures par semaine était aberrant, il fallait plus, payer les chômeurs coûtait trop, et pourquoi refuser le travail le dimanche ? On pouvait aisément remplacer les trajets dispendieux des chemins de fers par des autocars, les postiers inemployés pouvaient aider les auto-écoles et pourquoi privilégier certaines professions par des règlements ? Il fallait réformer, disait-il sans cesse en regardant rosir Frau Merkel, réformer pour économiser, au détriment de syndicats exigeants et vieillots qui déclinaient. On appelait cette souplesse à sens unique du pragmatisme. (p. 172)
 
Un démagogue, selon le dictionnaire, est quelqu'un qui flatte les masses pour gagner et exploiter leur faveur. [...] Si tous les partis tombaient dans le travers énoncé par M. Nietzsche, fallait-il demeurer muet face au groupe qui fondait en entier sa marche sur la démagogie, le Front populiste de Mlle de Montretout. La fille avait repris la boutique que le patriarche avait fondée mais qu'on semblait maintenir en quarantaine comme un lépreux. La fille voulait ripoliner la façade afin qu'elle fût présentable, c'est-à-dire, semblable en propreté aux autres façades des commerces politiques. La fille louchait sur le pouvoir, pas le père qui 'entendait que ferrailler et provoquer pour son plaisir. [...] La fond du propos persistant, hardiment xénophobe, er sous ce maquillage, Mlle de Montretout claironnait son goût du pouvoir, aussi voulait-elle une organisation lisse, bien peignée, sans outrances ordurières, et cela n'allait pas de soi tant les vieux réflexes sur lesquels reposait le Font populiste étaient collants. [...]
On rencontra des jeunes en accord avec le discours sans nuances et facile à recracher des populistes nouveaux; il donnait des recettes simplistes à nos malheurs contemporains. [...] M. de Bay, un chevalier récemment nommé à la cour de Montretout, avouait à cette occasion (cf. les élections européennes) que les jeunes avaient un grand mérité : ils étaient malléables et prenaient la forme qu'on leur donnait. Eh oui, étudiants ou apprentis plombiers, ils n'aimaient point les étrangers mais le disaient surtout entre eux ou avec cette courtoisie obligée qui se lisait sur les visages. (pp. 186-188).
 
Et bien d'autres considérations humoristiques (et parfois moins !) dans le livre.
 
 
 

dimanche 21 février 2016

Nouvelles acquisitions - Spéciale Foire du Livre de Bruxelles



Nouvelles acquisitions
 

Spéciale Foire du Livre de Bruxelles
 
 
 
 
Comme beaucoup de mes amis belges, je suis allé ce week-end à Bruxelles pour la Foire du Livre annuelle.
 
 
Et comme d'habitude, ce fut la razzia avec pas moins de 7 nouvelles acquisitions :
 
 
 
1) François le Petit. Chronique d'un rège de Patrick Rambaud (Editions Grasset)
 
 
Mot de l'éditeur :
 
« Moi, Président, je demanderai à Patrick Rambaud de ne pas m’écrire de chronique du règne de François Ier… »
C’était impossible en effet : François Ier était pris, tout comme le méconnu François II, l’impossible François III. Et François IV fut roi de Modène.
Patrick Rambaud s’est donc choisi un roi de haut calibre : François le Petit.
Nicolas Sarkozy était romanesque à souhait, contourné, faux, kärcherisé, entretenant une cour volatile et dorée.
Avec sa montre en plastique et ses costumes bleu trempés, François le Petit est théâtral : en son palais de confetti, avec son casque à visière, au côté de ses femmes…
Pour sauver la France et de l’ennui et du médiocre, votez Patrick Rambaud !
 
 
 


 
 
2) Mort d'un homme heureux de Giorgio Fontana
 
Mot de l'éditeur :

Milan, été 1981 : alors que les Années de plomb semblent ne jamais devoir finir, un magistrat hors du commun affronte une cellule dissidente des Brigades rouges, responsable de l’assassinat d’un membre important de la Démocratie chrétienne. Giacomo Colnaghi a moins de quarante ans, une carrière brillante et des origines sociales modestes. Soutenu par une foi puissante, nuancée par le doute et l’inquiétude qui l’animent depuis toujours, il ne se contente pas de chercher les responsables ; il sonde aussi bien la douleur des parents de la victime, leur volonté de vengeance, que les raisons qui poussent les terroristes à mettre le pays à genoux. Bravant les risques de l’enquête, Colnaghi aime à se fondre dans le décor de la banlieue ouvrière où il a choisi de vivre, parmi les clients d’un vieux bar, pour y écouter leurs histoires et retrouver la trace d’un père qu’il n’a jamais connu. Et le destin tragique de ce jeune ouvrier communiste assoiffé de justice, engagé dans la Résistance à partir de l’automne 1943, recoupe celui du magistrat en cet été 1981, l’un et l’autre broyés par une histoire nationale qui n’a que faire des idéalistes.
Au-delà du défi personnel de Giacomo Colnaghi, le roman touche au destin d’un pays qui tente d’élaborer le drame du terrorisme. Mort d’un homme heureux propose une relecture bouleversante de quarante ans d’histoire italienne.

Giorgio Fontana, né en 1981, vit à Milan. Ses romans sont traduits dans plusieurs pays. Mort d’un homme heureux a obtenu le SuperCampiello 2014, l’un des prix les plus prestigieux en Italie, attribué par un jury populaire.

 

 
3) Un hiver à Paris de Jean-Philippe Blondel (Collection Pocket)

Mot de l'éditeur :

C’est l’heure du retour de vacances. Dans le courrier en souffrance, une lettre attend Victor, professeur d’anglais depuis vingt ans. Ce qu’elle contient va raviver un souvenir enfoui.

Septembre 1984. Victor est à Paris pour sa deuxième année de prépa. Il travaille beaucoup, a peu voire pas d’amis, la compétition est de toute façon cruelle. Un jour de cours comme un autre, dans la classe d’en face on entend une insulte, une porte qui claque, quelques secondes de silence, un bruit mat, le hurlement de la bibliothécaire. Matthieu a sauté. La pression, le sentiment de transparence, la solitude ? Qu’importe. Rien, désormais, ne sera plus jamais comme avant…
 
 
 
4) Chanvre et Lierre de Charline Lambert (Editions Le Taillis Pré) - Recueil de poésies
 
Extrait de la quatrième de couverture :
 
Une voix, une voix monte soudain comme la mer.
 
Une voix gonfle les poumons d'Ulysse comme des voiles. Pas un rire, pas un râle, pas un air.
 
Une voix d'étrave.
 
 
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5) Je ne retrouve personne d'Arnaud Cathrine (Collection Folio n°5867)
 
Mot de l'éditeur :
 
Aurélien Delamare débarque à Villerville pour régler la vente de la maison familiale. Il est censé ne passer qu'une nuit en Normandie. Mais son séjour se prolonge et prend l'allure d'un état des lieux personnel. Face aux fantômes de l'adolescence, Aurélien interroge son histoire jusqu'à sonder les racines d'une solitude à la fois subie et choisie. Maintenant qu'il est revenu en presque étranger dans son village natal, la question se pose autrement : s'agit-il de retrouver quiconque ou de rencontrer enfin quelqu'un?

Je ne retrouve personne est un livre d'abandon au principe d'incertitude. À travers le journal d'un trentenaire en crise, Arnaud Cathrine ose se perdre pour mieux surmonter un à un les pièges de la mélancolie.
 
 
 
6) L'ours est un écrivain comme les autres de William Kotzwinkle (Collection 10/18)
 
Mot de l'éditeur :
 
Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint écrivain.
Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, cet ours comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés aux linéaires débordants de sucreries…
 
Le texte sous le bras, il part pour New York, où les éditeurs vont s’arracher l’œuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique !
 
Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…
 
 
 
7) Au commencement était le verbe...ensuite vint l'orthographe de Bernard Fripiat (Collection Points Seuil)
 
Mot de l'éditeur :
 
L’orthographe, ses règles obscures et ses exceptions vous font souffrir ? Rassurez-vous, Bernard Fripiat a la solution : désacraliser le français par le rire, pour mieux apprendre à l’aimer.
À travers une centaine de questions-réponses amusantes et irrévérencieuses, il raconte l’origine de chaque difficulté et la folle épopée d’une orthographe que le monde entier nous envie.
Un livre pour se réconcilier définitivement avec l’orthographe !

Agrégé d’Histoire, comédien, chroniqueur radio et auteur dramatique belge passionné par la langue française, Bernard Fripiat anime depuis vingt ans des stages d’orthographe en entreprise.
 



Voilà, voilà ! Voici les livres que j'ai pu acheter avec le budget qui m'était imparti et pourtant, comme tout bon lecteur, les tentations sont grandes. Je ne citerai que Un héros discret de Mario Vargas Llosa, les romans de Michel Tournier, Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde, un coffret Les contes de Noël de Charles Dickens, l'un ou l'autre titre de la collection Espace Nord....