jeudi 5 octobre 2017

Ma Reine - Jean-Baptiste Andrea


Ma Reine
 
Jean-Baptiste Andrea



Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui, je vous présente ma quatrième lecture pour cette rentrée littéraire 2017. Au début, je n'étais pas vraiment attiré par ce livre, mais tout le bien que j'en ai entendu à la télévision et toutes les nominations aux différents prix littéraires m'ont donné la motivation pour le lire.

Il s'agit donc de Ma Reine de Jean-Baptiste Andrea


A. Caractéristiques du livre

Titre =  Ma Reine
Auteur = Jean-Baptiste Andrea
Edition - Collection = Editions de l'Iconoclaste
Date de première parution =  2017
Nombre de pages =  213 pages


Note pour le roman = 16 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur la quatrième de couverture
Vallée de l'Asse. Provence. Été 1965. Il vit dans une station-service avec ses vieux parents. Les voitures qui passent sont rares. Shell ne va plus à l'école. Il est différent.

Un jour, il décide de partir. Pour aller à la guerre et prouver qu'il est un homme. Mais sur le plateau qui surplombe la vallée, nulle guerre ne sévit. Seuls se déploient le silence et les odeurs du maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s'invente et l'impossible devient vrai. Il lui obéit comme on se jette du haut d'une falaise. Par amour. Par jeu. Et désir d'absolu.


C. Mon avis sur le livre

Ce livre correspond à un exemple typique du roman qui vaut davantage par son style que par son contenu.

En effet, je trouve son contenu plutôt passe-partout : un jeune homme des montagnes différent dans sa manière de penser se retrouve à errer dans cette montagne qu'il aime tant, en quête de sens, et se retrouve face à une fille dont il tombe amoureux, qu'il appelle sa Reine, mais qui lui échappe. Il croise un vieux berger qui l'héberge le temps qu'il retrouve sa "Reine".

En revanche, je trouve le style de Jean-Baptiste Andrea très beau, très poétique (surtout quand il retranscrit les dires et les pensées du jeune Shell), à tel point que l'histoire en devient complètement secondaire.

Néanmoins, la combinaison des deux (histoire + style), donne un livre très intéressant, très agréable à lire et surtout très réussi.


Comme le dit Olivier Mony du magazine Livres Hebdo : "Un écrivain est né".

 
D. Quelques bons passages du livre
À force de m'entendre dire que je n'étais qu'un enfant et que c'était très bien comme ça, l'inévitable est arrivé. J'ai voulu leur prouver que j'étais un homme. Et les hommes, ça fait la guerre, je le voyais tout le temps à la télé, un vieil appareil bombé devant lequel mes parents mangeaient quand la station était fermée.

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J'avais un plan. À la guerre, je me battrais, on me donnerait des médailles, je reviendrais, et là, tout le monde serait bien forcé d'admettre que j'étais un adulte, ou tout comme.
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Elle avait une drôle de voix, qui n'allait pas avec son corps de fille. Elle était très mince, tellement qu'elle avait l'air de pouvoir se glisser entre deux rafales de vent sans déranger personne. Ses cheveux étaient courts et blonds avec une longue mèche sur le front, un genre de coupe de garçon. Mais ce sont ses yeux qui m'ont frappé, et quand je dis frappé, j'ai vraiment eu l'impression de recevoir un coup, parce qu'ils avaient l'air en colère et que je n'avais rien fait.

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Pendant qu'on marchait, Viviane m'a demandé pourquoi je m'étais mis dans la tête d'aller à la guerre et je lui ai tout raconté depuis le début, sans rien oublier. Elle m'a expliqué que, d'abord, la guerre, c'était loin, beaucoup plus loin que ce que je croyais, le genre de loin où on ne peut pas aller à pied. Et si je mourais, à quoi ça m'avancerait ? Ca ferait pleurer mes parents. J'ai rigolé, je lui ai dit que je ne suis pas parti pour mourir, mais pour tuer des ennemis.
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Quand je me suis rassis, elle a fermé les yeux. Elle était tellement belle que j'avais envie de me glisser dans sa peau et de devenir elle, pour savoir ce que c'était. Puis, j'ai pensé que je ne pourrais plus la voir si j'étais dans sa peau, sauf dans un miroir, et que ce serait peut-être mieux si c'était elle qui se glissait dans ma peau à moi. Je ne pourrais pas la voir non plus mais, au moins, je pourrais l'emmener partout. 

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Qu'est-ce qu'on fait ? J'ai haussé les épaules, je ne savais pas , c'était elle la reine. Moi, je ne faisais qu'obéir et je trouvais ça bien. À elle, je pouvais obéir sans avoir l'impression d'être un enfant.

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Les filles, ça jacasse, ça trahit à tour de bras, on ne peut jamais leur faire confiance. D'ailleurs, Zorro n'était pas marié, ni Superman, même si je l'aimais moins celui-là, parce que son uniforme faisait des plis.

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Ce matin-là, dans cette pièce toute jaune de soleil, j'ai compris quelque chose d'important. J'étais bizarre, pas normal, plein de problèmes, d'accord. On n'arrêtait pas de me le répéter. Mais finalement tout le monde était comme moi. Les autres aussi avaient leur Malocchio, leurs cauchemars et leurs Macret à eux, ils leur donnaient juste d'autres noms.

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Maintenant que j'y repense, j'ai honte. J'ai détesté Viviane. J'ai perdu du temps à la détester. Mais c'est comme ça. Je l'ai haïe avec la même force que je l'aimais, ma meilleure amie, je l'ai haïe autant que Macret. Plus même, parce que lui au moins il ne m'avait pas trahi. Il s'était toujours moqué de moi, il m'avait toujours rabaissé, frappé, humilié devant les autres. C'était normal, on se comprenait, ça ne changeait pas. On ne faisait pas semblant de s'aimer un jour pour s'ignorer le lendemain.

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              challenge rentrée littéraire 2017
 
 
           
              

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