dimanche 5 février 2017

Les amoureux - Carlo Goldoni



Les Amoureux
 
Carlo Goldoni



Re-bonjour à toutes et à tous,
 
Voici donc, comme promis, mon deuxième papier pour aujourd'hui. Il concerne une pièce de théâtre qui est devenue un classique de la littérature italienne : la pièce Les Amoureux de Carlo Goldoni, le plus grand des dramaturges classiques italiens.
 
  
A. Caractéristiques du livre

Titre =  Les Amoureux
Auteur = Carlo Goldoni

Traduite par Huguette Hatem
Edition - Collection = Tertium Editions - Collection Théâtre en poche
Date de première parution =  1759  (2014 pour l'édition actuelle)
Nombre de pages =  112 pages


Note pour l'essai = 14 / 20

 
B. Description de l'œuvre (Quatrième de couverture)
   
Fabrizio, bourgeois désargenté et ridicule avec sa folie des grandeurs, vit à Milan avec ses nièces, Flamminia, jeune veuve, et Eugenia, fiancée à Fulgenzio. Les deux amants s'aiment passionnément, mais Eugenia est jalouse et Fulgenzio coléreux. Chacune de leurs rencontres est l'occasion de scènes violentes qu'ils redoutent et semblent à la fois rechercher...
 
C. Mon avis sur le livre
Jusqu'à présent, je m'étais refusé à faire des critiques sur les grands classiques de la littérature : en effet, il est très difficile de faire la critique d'un livre dont la valeur n'est plus à prouver, car le fait qu'il ait traversé les générations suffit pour faire d'un livre un grand livre...

Cependant, je dois me faire violence cette fois-ci, car j'ai reçu ce livre par une opération Masse Critique Babelio qui me "force" à émettre une critique dans les trente jours.

En recevant, cette pièce, j'étais à la fois excité, car j'ai toujours rêvé de lire une pièce de Goldoni (à cause de mon amour de la culture italienne) et inquiet, car le titre, pour moi augurait une pièce un peu mielleuse...un peu à la Roméo et Juliette

Mais, contre toute attente, la pièce m'a énormément plu...En effet, la pièce a beau s'appeler "Les Amoureux", je l'aurais plutôt intitulée "L'amour vache" parce que les fameux amoureux n'arrêtent pas de s'envoyer des piques et de piquer des crises, de se quitter et de se rabibocher d'un bout à l'autre de la pièce, ce qui en fait une pièce très intéressante...

D'ailleurs, la phrase qui résume le mieux la situation des deux amoureux se trouve dans la Scène I de l'acte II : "Ils sont très amoureux, mais ils sont susceptibles tous les deux. Ma sœur est pointilleuse. Fulgenzio s'échauffe facilement, il est intolérant, emporté. En somme, on pourrait faire sur eux la plus belle comédie du monde."

S'ajoutent à cela quelques seconds rôles croustillants comme l'oncle, complètement soumis à ses nièces et au Comte qu'il considère comme son maître, ou encore la belle-sœur de Fulgenzio, centre des tensions entre les amoureux, qui apparaît à la fin de la pièce, comme une pleureuse capricieuse...

En somme, une belle pièce, qui mérite d'être aussi connue que les grandes pièces françaises du théâtre classique, tels Molière, Corneille ou Racine.

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Une année pas comme les autres - Michel Drucker



Une année pas comme les autres
 
Michel Drucker




Bonjour à toutes et à tous,
 
En ce premier dimanche de février, je vous offre deux papiers pour le prix d'un : d'une part, le journal d'un dinosaure de la télévision et, d'autre part, une pièce de théâtre, classique intemporel de la littérature italienne.

Passons donc au premier livre : le journal d'un des derniers "dinosaures" de la télévision française, j'ai nommé le sieur Michel Drucker qui nous livre, dans cet écrit, son travail, ses activités, ses rencontres, ses ressentis...de la mi-2014 à la mi-2015.
 
  
A. Caractéristiques du livre

Titre =  Une année pas comme les autres
Auteur = Michel Drucker
Edition - Collection = Pocket pour la version poche (Robert Laffont pour le grand format)
Date de première parution =  2015
Nombre de pages =  263 pages


Note pour l'essai = 16 / 20

 
B. Description de l'œuvre (Quatrième de couverture)
   
Un demi-siècle de carrière. Une existence fondue au petit écran. Cinq décennies que Michel Drucker n'a pas vues. Pour marquer cet anniversaire, il nous ouvre son agenda, un journal de bord étourdissant.

D'emblée, l'année 2015 s'annonce mémorable puisqu'il décide de monter sur les planches pour raconter les coulisses de sa vie. Le temps qui file va précipiter ce désir.

L'actualité, le choc des attentats, le sourire de Bébel, la maladie de son ami Michel Delpech, les people en espadrilles, les délires hilarants de son hypocondrie nous emportent dans un tourbillon. Céline Dion passe en ski nautique, Carla Bruni et Isabelle Adjani croisent les hommes du GIGN et du RAID. Des anonymes bouleversent sa vie...

Cocasses, poignants, les jours s'égrènent à la vitesse d'un TGV. À la fois intime et truculent, entre rires et larmes, ce tour de piste raconte également la France d'aujourd'hui. 365 jours d'une année vraiment pas comme les autres.
 
C. Mon avis sur le livre
Comme dit dans la quatrième de couverture, Michel Drucker nous emmène dans un voyage au travers de 365 jours qui ont émaillé sa vie, entre 2014 et 2015.

Je pense que l'on peut résumer ce livre en un seul mot : la sincérité. En effet, quel que soit le sujet que M. Drucker aborde, il semble le faire sans fard, sans sentiment dissimulé : il s'exprime de manière vraie, que ce soit en parlant de son ami Michel Delpech, mourant, en parlant de Bébel qu'il est content de retrouver ou qu'il parle de ces nombreux anonymes qui viennent soit sur le plateau de Vivement Dimanche, soit pour faire signer ses ouvrages dans les salons du livre (même si je crois qu'il s'intéresse plus aux téléspectatrices qu'aux téléspectateurs, j'en sais quelque chose)...

En plus de cette sincérité, ce journal peut être considéré comme un véritable "voyage" initiatique, face aux diverses épreuves de la vie : l'hommage aux juifs victimes de la Shoah, la mort que connaîtra, quelques mois plus tard, son ami Michel Delpech et le déchaînement de haine qu'aura provoqué la référence à cet ami mourant dans les prémisses de son spectacle (qu'il me tarde de voir d'ailleurs)

Toutefois, ce livre est vraiment ce que l'on peut appeler un "page-turner" : en effet, M. Drucker, en plus de son talent d'animateur télé, peut se targuer d'un talent certain pour l'écriture. Il a l'art de faire rire notamment grâce à ses références à son (intense) hypocondrie ou sa visite décontractée à Carla Bruni et son "Heigh-Oh, Heigh-Oh, Sarko rentre du boulot" qu'elle chante à Michel quand elle croit avoir son mari au téléphone ou encore la "passion" soudaine de Céline Dion pour le ski nautique, pour une émission que Michel a animé depuis le Québec.

Mais comme tout bon écrivain, il sait aussi émouvoir son lecteur, quand il évoque ses parents, son frère Jean, les victimes de la Shoah et celles de l'attentat de Charlie Hebdo, Michel Delpech ou encore un jeune homme prénommé Sofiane, victime d'une infection pulmonaire et dont la vie (au moment de l'écriture) ne tenait qu'à un fil...
 


Bref, Michel Drucker a largement transformé l'essai en nous livrant, dans un livre qu'on a aucune envie de lâcher, 365 jours d'une vie entre rires et larmes, entre fierté et peur de l'avenir...
 
D. Quelques bons passages du livre
 
Ma préoccupation majeure demeure le cérébral. Pour le cancre que j'ai été en classe, la mémoire est aujourd'hui une arme que je dois entretenir. Apprendre, apprendre toujours est à la fois un fortifiant et ma manière de rattraper le temps perdu, les dix ans de désert sur le plan intellectuel, ce vide entre huit et dix-huit que je tente de combler vainement, sachant qu'il est irréversible.  (p. 13)
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La fatigue de la passion n'est pas la même que celle de l'ennui, la première est votre ange gardien et la seconde une plaie.  (p. 17)
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J'aime observer Francis [Huster] dans sa passion d'acteur. J'en éprouve un peu d'envie, une pointe de jalousie enfantine. Lui se prépare à monter sur scène dans un tête-à-tête, un corps à corps que je ne connais pas avec le public. Mon rôle télévisuel est plus neutre. Lui va enflammer son auditoire, tantôt l'émouvoir, tantôt l'égayer. J'aimerais connaître cela. Mais non. Chacun son job.  (pp. 28-29)
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Les personnes souffrant d'un handicap n'aiment pas se voir. Probablement parce que les miroirs ne leur renvoient plus leur véritable image, de volontaires, de courageux et de grands rêveurs.  (p. 53)
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Depuis plusieurs semaines, l'état-major de France Télévisions m'incite à fêter mes cinquante ans de carrière à l'antenne. Je ne me suis jamais senti très partant. La télévision qui se regarde le nombril me gêner, je préfèrerais laisser la presse écrite marque le coup.  (p. 60)
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À ma surprise, parce qu'on ne s'attend jamais à monter sur un podium, selon le sondage  TV Magazine des personnalités les plus emblématiques du petit écran, je suis numéro un devant Léon Zitrone et Jacques Martin. Le premier fut mon maître et j'ai succédé au second dans des conditions périlleuses, le dimanche, voilà dix-sept ans. Guy Lux est quatrième avec "Intervilles", émission mythique où j'accompagnais Léon de temps en temps. Réaction immédiate : des quatre, je suis le seul vivant.  (p. 62)
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J'ai du mal à être heureux dans l'émotion. De cette secousse naît une comptabilité entre les morts et les vivants, ceux qui restent et ceux qui s'en sont allés. Trop d'absents me manquent : ma famille, mes frères...Mes nièces Marie et Léa aussi, qui n'ont pas pu venir, toutes les deux en tournage. Et tant de disparus. J'aurais voulu que Coluche, Poiret, Serrault, de Funès, Lino, Desproges, Romy Schneider, Thierry le Luron et Jacques Villeret soient là. Et Dumayet, Marcillac, Chapatte, Couderc, Thierry Roland et Denise Glaser... Et les réalisateurs de l'école des Buttes-Chaumont, Jean Prat, Claude Barma (père de Catherine, la productrice), Claude Santelli, Stellio Lorenzi, Pierre Badel, René Lucot, Maritie et Gilbert Carpentier, Jean-Christophe Averty...Je les ai tous connus, et il n'y a plus personne. C'est incompréhensible au fond.  (p. 71)

N.B. personnel : Jean-Christophe Averty, contrairement à ce que semble dire M. Drucker est encore vivant et fêtera ses 90 ans cette année...
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Sans prétention, des dizaines de téléspectateurs viennent lors de mes dédicaces me parler de ma vie, qu'ils connaissent par cœur, de la leur, que je devine. Comme l'es saltimbanques une fois devenus célèbres, j'aimer être dans le cœur des gens. Recevoir leurs saluts, leur présence chaleureuse. Sans eux, je pourrais avoir l'impression que je suis en bout de course. Biopic, documentaire, senior préféré des seniors, tout cela commence à sentir la fin. Mais j'aime toujours les autres, découvrir leur visage, des fragments de leur existence. Je sens monter en moi cette drogue dure du public, de vouloir retrouver et répondre à leurs attentes. C'est devenu vital pour moi. Je suis content de les voir. (p. 84)
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Nous sommes ce que la vie fait de nous, mais rien ne peut effacer nos racines. Plus le temps passe, plus elles reviennent courir à la surface. (p. 97)

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Nicher trois jours dans un hôpital où les autorités médicales vous confirment que vous ne souffrez de rien, absolument rien, pendant que des collègues sont aux Maldives ou à Courchevel, sur les pentes, au vert, n'importe où pour un hypocondriaque hospitalisé à cinq minutes de son domicile, c'est le meilleur week-end de l'année. À peine sorti, je réserve illico pour l'année prochaine, même période, en pension complète.  (p. 117)

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Vieillir consiste sans doute à apprécier enfin ce que l'on est, autant que ceux qui vous ont fait.  (p. 154)

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Pour exister jusqu'au bout, Michel [Delpech] semble serein, il a renoncé à tout, sauf à ce que sa disparition signifie l'effacement total.  (p. 197)

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On met des années, des décennies, à se prouver quelque chose, à se sentir à l'abri de l'adversité et, une fois arrivé, on ne pense qu'à sentir battre son cœur (pas trop quand même), avec des crampes d'estomac, comme à vingt-cinq piges.  (p. 209)

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Notre métier est une comédie italienne...Faut le prendre comme ça. Un jour on pleure, un jour on rit. (p. 220)

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Franchement, qui peut penser que je me servirais de la maladie de Michel Delpech pour "vendre" mon spectacle ?...Instrumentaliser un ami à l'hôpital, comment peut-on formuler, sans rien savoir, une telle honte ? Même si j'étais cet homme, ce sale type, ai-je besoin de médiatisation ? Certains ne voient même plus, tout à leur désir de mordre et de blesser, qu'ils surenchérissent dans l'abject, pour indigner les braves gens au nom d'une morale, d'une décence dont ils ne font eux-mêmes pas preuve.  (pp. 226-227)

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À propos de sa visite sur le site de l'ancien camp de concentration de Drancy : Le génocide d'hier croise la ségrégation d'aujourd'hui, deux poisons - ce triste parallèle me fait froid dans le dos.  (p. 258)

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